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Voir la frégate du Pacifique

Frégate du Pacifique (Fregata minor)
DIFFICULTE : Facile si on s’en contente de loin en vol ; Facile mais cher si on veut la voir sur les sites de nidification.
DISTANCE DE FUITE : On en voit parfois à 5 mètres de distance aux Galapagos.
EFFECTIFS : Inconnu ; Elle est commune.

Voir une frégate, ce n’est pas compliqué. Lever la tête sur les littoraux dans la zone tropicale… C’est le grand voilier avec une queue fourchue.
Par contre, il est souvent difficile :
– de déterminer l’espèce.
– de l’observer posé.

Les frégates (famille des frégatidés) ne compte qu’un seul genre.
Ce genre est représenté par 5 espèces :
– la frégate du Pacifique (Fregata minor).
– la frégate superbe (Fregata magnificens).
– la frégate ariel (Fregata ariel). C’est la plus petite avec 193 cm d’envergure.
– la frégate aigle-de-mer (Fregata aquila) : 5 à 12 000 sur un îlot (Boatswainbird islet) juste au Nord de l’île Ascension.
– la frégate d’Andrews (Fregata andrewsi) : seulement sur l’île Christmas.
Les 2 dernières espèces ont une localisation très précise de sorte que c’est surtout les 3 autres espèces qu’il faut apprendre à reconnaître (voir la fin de l’article).

Photo 1 : Couple de frégate du Pacifique
La femelle est à gauche. Noter le contour de l’oeil rose ou rouge chez cette espèce et le plumage blanc du cou au torse.

Le mâle est à droite : Noter l’irisation verte du plumage qui permet de reconnaître l’espèce.
Les frégates font partie des rares oiseaux de mer à avoir un dimorphisme sexuel avec un plumage différent et une taille différente (les mâles sont assez nettement plus petits).
Seymour Nord ; Galapagos ; Equateur (février 2022).



Photo 2 : Mâle
Le mâle n’a pas de blanc sur son plumage. On le reconnaît facilement à sa poche gulaire rouge vif mais cette dernière n’est pas aussi évidente en dehors de la période de reproduction.

Genovesa ; Galapagosas ; Equateur (février 2022).



Photo 3 : Mâle sublimé par le paysage
Ce mâle gonfle sa poche gulaire pour séduire une femelle. Parfois plusieurs mâles se font face, excités, gonflés à bloc. jeune n’a pas encore ses couleurs d’adulte : pas de rose, pas de ligne noire sur le torse.
Seymour Nord ; Galapagos ; Equateur (février 2022).

OU ?
La frégate du Pacifique est présente dans la zone tropicale. Elle est rare dans l’Océan Atlantique et Indien. Sur la quasi totalité de son aire de répartition elle peut être confondue avec une autre espèce présente.

Les lieux où les naturalistes la note le plus sont Hawaï devant les Galapagos, le Nord-Est de l’Australie et la Polynésie française.
Voici quelques bons sites pour l’observer :
– 1 : Seymour Nord (Galapagos ; Equateur) : cette petite île, accessible à la journée depuis Santa Cruz, est la meilleure option pour voir la frégate du Pacifique au sol. Le sentier pédestre passe tout près de zones de nidification. C’est magnifique et le site est également un des meilleurs pour voir le fou à pied bleu et l’iguane terrestre des Galapagos.
Aux Galapagos, les îles de Floreana et de Genovesa sont également très favorables. Dans tous les cas, on est obligé d’être dans le cadre d’une croisière et accompagné d’un guide.



– 2 : Hawaï (Etats-Unis) : on compte 10 000 couples de frégates du Pacifique à Hawaï. Levez la tête.
– 3 : Polynésie française : c’est déjà moins favorable que Hawaï mais idéal pour les nombreux naturalistes allergiques aux Américains.

On cherchera les frégates en vol sur tous les littoraux et en particulier près de leurs sites de nidification : des îlots sans prédateurs. C’est un oiseau considéré comme sédentaire car il reste fidèle à son lieu de naissance et de toutes façons, très lié au site de nidification (7 mois sur le site; la croissance des jeunes est lente). Il est pourtant capable de parcourir des distances énormes et sait profiter des caprices météorologiques pour le faire.
Localement, la présence d’un lac d’eau douce permet aussi de voir des oiseaux se débarrasser de leur sel (photo 6). C’est le cas à la lagune Junco sur San Cristobal aux Galapagos.

Photo 4 : Juvénile
Les frégates sont nues à la naissance. Le duvet blanc se développe très vite et il va changer de teinte avec des couleurs fauves orangées qui prendront lententement les couleurs de l’adulte par la suite.
Seymour Nord ; Galapagos ; Equateur (février 2022).

QUAND ?
En vol, on peut les observer toute l’année.
Mais les frégates sont plus intéressantes à observer pendant la saison de reproduction car :
– les mâles portent une poche gulaire plus visible, même si elle est souvent dégonflée en vol.
– les comportements sont plus intéressants : parade, nourrissage des jeunes, pêche (essentiellement des poissons volants), vol du poisson des autres oiseaux plus fréquent…
– le couple est davantage polarisé autour du site de nidification.

La saison de reproduction commence avec la saison sèche. Aux Galapagos, la période de février à juin est la plus favorable. A Hawaï, la meilleure période va de mai à début octobre. Cela étant, il ne faut pas s’inquiéter. La frégate du Pacifique a un cycle de reproduction très long : 55 jours d’incubation puis, en moyenne 5 mois avant le 1er vol…

A l’échelle de la journée, aucune importance sur le site de nidification. Par contre, le soir convient mieux pour voir les animaux en vol. Les frégates quittent en effet le dortoir à l’aube. Elles se dispersent alors. En milieu d’après midi, elles se rassemblent et vol au dessus des sites de nidification et des dortoirs. Le soir permet de voir plus d’oiseaux et de profiter d’une lumière plus favorable.

Photo 5 : Mâle en période de reproduction
Seymour Nord ; Galapagos ; Equateur (février 2022).



COMMENT ?
Les frégates volent parfois très très haut. On aura intérêt à apporter des jumelles et un téléobjectif de qualité en particulier si on veut déterminer l’espèce.

Le tableau ci-contre permet de déterminer les 3 principales frégates dans de bonnes conditions d’observation.
La carte de répartition permet de supprimer une possibilité.

En Amérique côté Pacifique, il faut comparer Frégate superbe et Frégate du Pacifique. La distinction est assez facile au sol sur les sites de nidification mais très difficile en vol et impossible sur les oiseaux hauts dans le ciel.

Partout ailleur, il faut comparer Frégate du pacifique et Frégate ariel. La distinction est alors assez facile en vol (au moins pour les mâles) mais difficile au sol.
On notera quelques difficultés :
– les femelles de frégate ariel et les juvéniles de ariel ont, comme les mâles), des taches blanches à la base inférieure des ailes, taches qui prolongent le blanc du ventre sur l’aile. En l’absence de ses taches, il s’agit de frégate du Pacifique.
– l’envergure est très difficile a estimer en vol.

Photo 6 : Femelle avant le dessalage
Cette femelle plane au dessus de la lagune de Junca. Elle va se tremper dan l’eau douce pour se débarrasser du sel. On peut observer ce comportement tous les jours si on passe du temps autour de la lagune. Cependant, il est difficile d’y distinguer les deux frégates des Galapagos. Ici, il s’agit bien d’une femelle adulte de frégate du Pacifique car on voit le tour de l’oeil rouge rosâtre.
San Cristobal ; Galapagos ; Equateur (février 2022).


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