
Raton laveur (Procyon lotor)
DIFFICULTE : Moyennement facile.
DISTANCE DE FUITE : Souvent presque nulle ; 5 m en moyenne.
Le raton laveur fait partie de la famille des procyonidae (les ratons laveurs et les coatis). Procyon est un néologisme construit à partir du Grec : « pro » pré et « cyon » chien. La phylogénie actuelle montre qu’il ne s’agit absolument pas de pré-chien. Les procyonidae sont en réalité très éloignés de celle des canidés et bien plus proche de plusieurs autres familles de carnivores, en particulier celle des mustélidés (belettes, blaireaux…).
Le genre procyon compte au moins deux espèces (comme d’habitude, les spécialistes ne sont pas d’accord) :
– le raton laveur (procyon lotor) : c’est l’espèce d’Amérique du Nord et d’Amérique centrale.
– le raton crabier (procyon cancrivorus) : c’est l’espèce d’Amérique du Sud, également présente à Panama et au Costa Rica. Dans ces deux pays, on aura parfois des difficultés pour déterminer l’espèce (voir la fin de l’article).
Le raton laveur est sans doute l’animal qui illustre le plus clairement la notion d’anthropomorphisation. Anthropomorphiser, c’est appréhender un animal (ou une chose) d’un point de vu humain. On le dit raton « laveur » en raison de son habitude de tremper les animaux avant de les manger. En réalité, il ne lave pas. Il est vrai qu’avec son masque noir affiché et son comportement de chapardeur opportuniste, on a vite envie de lui coller des étiquettes.
Photo 1 et 2 : L’heure de visiter les poubelles
Le soleil se rapproche de la ligne d’horizon. Touristes et randonneurs ont quitter le parking au Nord du pont du Golden Gate. Ils ont déversé leurs déchets dans les poubelles. Le raton laveur sort des broussailles pour faire sa tournée de tri sélectif.
San Francisco ; Californie ; Etats-Unis (août 2012).

OU ?
En Amérique, il est présent de la moitié sud du Canada jusqu’au Panama.
Il ne s’aventure pas en haute montagne où sa limite est plus ou moins celle des forêts mixtes dans les montagnes Rocheuses. Il atteint 2 800 m au Costa Rica.
En Europe, il est présent dans de nombreux pays suite à des introductions pour sa fourrure dans les années 1930. On comptait 100 000 raton laveur en Europe en 2007. L’espèce est invasive et pose des problèmes pour la préservation des espèces locales. Son éradication est conseillée. En France, il est sur la liste des espèces toxiques depuis 2016. On n’abordera pas le « où voir le raton laveur en Europe ? dans cette article. Il y est en effet beaucoup plus nocturne et donc très difficile à observer.

En Europe, il est présent dans de nombreux pays suite à des introductions pour sa fourrure dans les années 1930. On comptait 100 000 ratons laveurs en Europe en 2007. L’espèce est invasive et pose des problèmes pour la préservation des espèces locales. Son éradication est conseillée. En France, il est sur la liste des espèces toxiques depuis 2016. On n’abordera pas le « où voir le raton laveur en Europe ? dans cette article. Il y est en effet beaucoup plus nocturne et donc très difficile à observer. Les données d’observations sont nombreuses mais grâce aux pièges photographiques.
Les pays où les naturalistes enregistrent le plus d’observations en Amérique sont les Etat-Unis loin devant le Canada, puis le Mexique. Les petits pays d’Amérique centrale sont décrochés. Au Costa Rica et au Panama, il est localement facile à voir mais comme sa détermination est complexe en présence du raton crabier, les données enregistrées sont plus rares.
Le milieu naturelle préféré du raton laveur est la forêt de feuillus avec des zones humides. Mais en milieu naturel, le raton laveur est très nocturne, alors, pour le voir, il est intéressant d’ajouter « près des déchets alimentaires » : les poubelles, les tables de pique-niques. Le triptyque « Feuillus, étangs, poubelles » fonctionne presque à tous les coûts.

On peut relever quelques exemples de sites favorables :
– 1 : la banlieue de San Francisco (Etats-Unis) : les chemins littoraux avec des poubelles autour du Golden Gate sont favorables.
– 2 : le parc du Mont Royal à Montréal (Canada) : garez-vous au parking le plus haut du Mont Royal. Prenez la direction de la plateforme qui offre un point de vue sur la ville et très rapidement le sentier de droite qui s’enfonce dans la partie la plus boisée. Plusieurs ratons laveurs circulent ici. En journée, ils se cachent dans les troncs creux.
– 3 : parc national de Cahuita (Costa Rica) : en suivant le chemin du littoral (c’est le seul chemin), on croisera des ratons laveurs. Ils se montrent souvent en pleine journée ici. Il viennent voir les touristes qui pique-niquent sur la plage.
QUAND ?
A l’échelle de l’année, on évitera de chercher les ratons laveurs entre novembre et février au Canada et aux Etats-Unis. Ils n’hibernent pas mais ils économisent leur énergie en vivant au ralenti. Les accouplements ont lieu en février et mars. En Amérique centrale, on pourra les observer toute l’année.
A l’échelle de la journée, le soir est le meilleur moment : les poubelles ont été remplies et le premier arrivé profite des restes de frites et de burgers… Localement, près des zones touristiques favorables aux pique-niques (certaines plages d’Amérique centrale), les ratons laveurs peuvent se montrer au coeur de la journée.
COMMENT ?
En Amérique du Nord, il faut errer à pied, le soir, près des poubelles.
En Amérique centrale, on n’adoptera pas la même stratégie en raison de l’insécurité qui règne souvent en périphérie des villes. On peut l’attendre sur les plages où les touristes restent pour pique-niquer en journée. Il ne faut pas leur donner de nourriture.

Photo 3 et 4 : Au bord de la plage
Ce raton laveur alterne jeu et sieste avec un compagnon. Il est bientôt l’heure de faire le tour des zones de pique-niques.
Parc national de Cahuita ; Costa Rica (avril 2022).
RISQUE DE CONFUSION :
Au Costa Rica et au Panama, on peut facilement confondre le raton laveur et le raton crabier. Ils ont le même habitat et le même comportement.
Au contraire du raton crabier, le raton laveur :
– n’a pas une odeur forte.
– est légèrement plus petit (50 cm contre 60 cm).
– a une queue plus touffue et proportionnellement plus courte.
– a une fourrure plus longue, moins rigide et plus dense avec un sous-poil.
– a les bandes de queue pâle qui peuvent être jaune mais pas orangées au dessous de la queue.
– n’a pas un « V » entre les oreilles ; V formé par la ligne de poils du cou orientée vers l’avant.
– a les pattes et les pieds gris pâles au moins sur les membres antérieurs (ils sont bruns sombres chez le raton crabier).
– est présent dans tout le Costa Rica alors que le crabier n’est présent que sur le côté Pacifique (entre le parc national de Carara au Nord et Panama au Sud en passant par la capitale).