
Faux gavial de Malaisie (Tomistoma schlegelii)
DIFFICULTE : Très difficile
DISTANCE DE FUITE : 5 mètres.
EFFECTIFS : au maximum 2 500 ; l’espèce est mal connue, très dispersée et toujours en faible densité. Elle est difficile à étudier. Il est protégé par la loi mais l’application des lois est insuffisante.
Des études génétiques (2018-2021) ont replacé ce crocodilien dans la famille des gavialidés. Il était auparavant classé avec les crocodylidés. C’est le seul représentant de son genre :
– Tomistoma signifie « gueule pointu » (en grec tomos, pointu et stoma, la bouche).
– Schlegelii rend hommage à Hermann Schlegel, ornithologue et herpétologue allemand du XIXe dont le nom est associé à une 12e d’espèces animales.

Photo 1 à 3 : Dans l’eau :
Il s’agit du même spécimen. Le seul faux gavial de Malaisie que j’ai réussi à voir. Il était tout près du bateau au retour d’une randonnée. Déjà dans l’eau, il ne s’est pas montré farouche. Il est piscivore et inoffensif.
Tanjung Puting NP ; Kalimantan ; Indonésie (juillet 2015).
OU ?
Le faux gavial de Malaisie ne survit plus qu’en Indonésie et en Malaisie. On le considère disparu de Thaïlande où il n’a pas été revu depuis plus d’un demi siècle :
– Malaisie : il est présent dans le Sarawak, mais aussi dans la péninsule malaise. Il s’agit ici de toutes petites populations. Les observations sont rares.
– Indonésie : il est présent sur 3 îles :
– l’extrême ouest de Java : Je n’ai pas réussi à le trouver en passant 3 jours à Ujung Kulon NP.
– l’est de Sumatra : les effectifs sont en forte baisse ici en lien avec une perte d’habitat très importante.

– l’ouest de Kalimantan : C’est ici que les populations sont les plus importantes. Le parc national de Tanjung Puting est sans conteste le meilleur endroit pour tenté de le voir. Les vedettes du parc sont néanmoins les orang-outan (voir l’article orang-outan) et les nasiques (voir l’article nasique).
Il faut le chercher dans les marais étendues avec une forte végétation : couverture végétale, tapis flottants…
Il n’est présent qu’à très basse altitude mais il ne fréquente pas l’eau salée.
QUAND ?
On peut le voir toute l’année. Les observations naturalistes sont plus fortes en janvier mais les données sont trop rares pour que cela soit significatif. La saison sèche (mai à septembre), peu marquée, n’améliore pas particulièrement les chances d’observation.
COMMENT ?
On est obligé de circuler en bateau pour tenter de repérer cette espèce des marécages.
RISQUE DE CONFUSION :
Le crocodile marin et le crocodile de Siam ont des mâchoires beaucoup beaucoup plus larges. Impossible de les confondre. Ils partagent en partie la même répartition mais leur habitat est sensiblement différent. Voir les articles crocodile du Siam et Crocodile marin.
