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Voir le Crocodile américain

Crocodile américain (Crocodylus acutus)
DIFFICULTE : Assez facile
DISTANCE DE FUITE : 10 mètres environ ; Très variable selon l’âge des individus et les situations.
EFFECTIFS : 15 à 20 000.

Le crocodile américain est, en Amérique :
– le plus grand crocodilien avec de rares individus qui dépassent 5 m. Alligator américain et caïman noir sont guère plus petits.
– le crocodile qui supporte le mieux l’eau salée. Il fait parfois une ballade en mer bien que moins adapté à ce milieu que le crocodile marin.
– le crocodile le plus largement réparti parmi les 4 espèces (on ne parle pas ici des caïmans) : il a un fort pouvoir de colonisation grâce à sa tolérance à l’eau salée.

Photo 1 et 2 : Dans l’eau :
Les photos sont prises depuis le pont… Dessous, ca grouille…
Pont du Rio Tarcoles ; Costa Rica (février 2018).

OU ?
Le crocodile américain peuple les basses altitudes depuis la Floride et le Mexique au Nord et jusqu’au Nord du Pérou au Sud. Il est présent localement dans les Grandes Antilles.
Les observations naturalistes sont les plus importantes au Costa Rica et au Mexique. Il est aussi souvent noté aux Etats-Unis bien que très localisé et rare dans ce pays. Ensuite, les observateurs le signalent à Panama, puis en Colombie et en petit nombre dans les pays d’Amérique centrale continentale, ainsi qu’en République dominicaine.

Parmi les très bons sites pour le voir, on peut relever :
– 1 : le Pont du Rio Tarcoles (Costa Rica) : ce pont, à proximité du parc national Carara, est libre d’accès. Aux abords, un parking, un restaurant… Les restes de viande du restaurant sont jetés dans le Tarcoles ce qui attirent les crocodiles, ce qui attirent les touristes, ce qui augmente la quantité de viande consommée au restaurant… On peut voir ici une 20e de crocodiles américains, probablement les plus gros que vous pourrez observer dans leur milieu naturel. C’est vraiment un lieu à ne pas rater après avoir chercher les aras rouges du parc national Carara (voir l’article ara rouge).

– 2 : le parc national Palo Verde (Costa Rica) : deux lieux précis sont intéressants dans ce parc :
– l’embarcadère au bout de la piste principale : ici, on peut observer des adultes sur les berges. Ils sont loin et il vaut mieux être équipé (jumelles, téléobjectif). Voir la photo 6.

– le tout petit pont sur la piste qui part à l’Est : pour rejoindre ce pont, il faut prendre la première piste à gauche (avant les premiers sentiers) et descendre. Ici, en saison sèche, on peut trouver des jeunes crocodiles et on peut les approcher à quelques mètres. Voir la photo 5.

– 3 : la lagune de Ventanilla (Mexique) : cette lagune se trouve à 2 km de Mazunte (Etat de l’Oaxaca) dans une zone écotouristique. On peut faire un tour en bateau et profiter des nombreux crocodiles. C’est nettement mieux ici qu’au Canon del Sumidero, site intéressant pour le paysage mais décevant pour la faune.

– 4 : le lac Enriquillo (République dominicaine) : la star du site, c’est l’iguane rhinocéros (voir l’article iguane rhinocéros) mais ce lac salé compte aussi des crocodiles américains, la plus grande population des Caraïbes. Il faut rejoindre le petit embarcadère à l’Ouest du lac. Là, il y a deux possibilités :
– la visite classique, en bateau, avec un guide : on vous fera faire une petite ballade sur le lac (sans grand intérêt) et vous approcherez quelques crocodiles.
– une visite aventure, à pied, en autonomie : à partir du parking au dessus de l’embarcadère, descendez dans la petite crique jonchée d’arbres morts. C’est là que les crocodiles se cachent. On circule un peu difficilement et il faut rester prudent même si cette espèce est plutôt placide.
A Haïti, les derniers crocodiles marins sont visibles à l’ « étang saumâtre ».

– 5 : Flamingo (Etats-Unis) : si l’alligator américain est la star du parc national des Everglades, le crocodile américain est également présent. Le meilleur spot pour le voir est Flamingo, extrémité sud du parc, au bout de la route de Homestead. Ici, on est face à l’océan.

Cette espèce apprécie toutes les zones d’eau stagnante. C’est un des rares crocodiliens à tolérer l’eau salée de sorte que les meilleurs endroits pour le voir sont souvent proches des littéraux, près des estuaires.
Il est présent en dessous de 500 m. C’est le froid qui détermine sa limite nord de répartition car il ne survie pas à des températures de moins de 7°C contrairement à l’alligator américain.

Photo 3 et 4 : Thermorégulation et fuite
Ce crocodile s’est hissé sur un gros tronc d’arbre couché pour profiter du Soleil. A mon approche, il s’est réfugié dans l’eau (10 mètre de distance de fuite). Il est resté immobile dans l’eau de sorte que pour la photo 4, je suis seulement 1.5 m au dessus du reptile.

QUAND ?
On peut le voir toute l’année. les observations sont plus faciles en saison sèche car les berges sont plus visibles.
La saison des amours à lieu en janvier et février (voir la photo 7) et la ponte à la fin de la saison sèche.

C’est un animal nocturne. Nous, naturalistes, on le verra surtout dormir, parfois près des terriers qu’ils se creusent.

COMMENT ?
On peut l’observer en bateau ou à pied, selon les sites.
C’est une espèce considérée comme timide. Elle n’est généralement pas agressive envers l’homme. Quelques cas d’attaques sont néanmoins avérées (surtout des morsures sans suite). Les très rares décès concernaient généralement des enfants.



RISQUE DE CONFUSION :
Les dents inférieures visibles et la longue mâchoire en forme de V permettent de bien le différencier de l’alligator américain (Floride) et du caïman à lunette généralement bien plus petit.

Le risque de confusion avec les autres crocodiles concerne des zones réduites :
– le crocodile de Cuba a les dents très longues et une posture très haute (voir les photographies de l’article Crocodile de Cuba).
– la crocodile de l’Orénoque à une mâchoire étroite de crocodilien encore plus piscivore que le crocodile américain.
– le crocodile de Morlet présente une coloration générale plus sombre. Sa tête est courte et plus large.








Photo 5 et 6: Crocodiles américains à Palo Verde
Palo Verde ; Costa Rica (avril 2022).

Photo 7 : Prélude à l’accouplement Lac Enriquillo ;
République dominicaine (février 2017).

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