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Voir le gibbon à mains blanches

Gibbon à mains blanches (Hylobates lar)
DIFFICULTE : Difficile. Il est assez facile de les entendre, mais il faut leur consacrer du temps pour parvenir à les voir. On arrive à en observer convenablement un jour sur trois dans les zones favorables.
DISTANCE DE FUITE : 30 m en hauteur.

Parmi la 20e d’espèces d’hylobatidae, le gibbon à main blanche est le plus répandu, le plus accessible et le plus connu des gibbons. Si vous voulez observer un gibbon en pleine nature, c’est cette espèce qu’il faut cibler.

C’est un animal qui peut être blanc ou presque noir, mais sa face est toujours encadré de blanc et les extrémités des pieds et des mains sont blanches. Cela étant, la plupart des espèces de gibbons ne se chevauchent pas et sa répartition géographique suffit à le déterminer.

Photo 1 à 4 : Gibbons à mains blanches
Khao Yaï NP ; Thaïlande ( décembre 2016).
Ici, un adulte en train de pousser ses longs cris.

Photo 2 : Brachiation
Le gibbon se déplace et se nourrit dans la canopée. On le voit toujours par en dessous.

OU ?
Les gibbons vivent dans toute l’Asie du Sud-Est.
Leur classification a beaucoup évolué ces dernières années avec la séparation du genre Hoolock du genre Hylobates, avec la séparation des gibbons de Bornéo en 4 espèces, avec la découverte de hoolock tianxing à la frontière entre le Myanmar et la Chine. Il y a encore des débats entre espèces et sous-espèces. Globalement la carte ci-dessous permet de si retrouver même si la frontière entre les « espèces » reste à préciser, en particulier au centre de Bornéo.
On distingue 4 genres de gibbons :
– le genre Symphalangus : il n’est représenté que par une espèce, le siamang. C’est le plus grand des gibbons. C’est aussi la seule espèce qui partage la même répartition que d’autres gibbons (gibbon à mains blanches ou gibbon agile). Il est totalement noir.
– le genre Hoolock : ce sont les plus grands gibbons après le siamang. Ils n’ont été séparés du genre Hylobates que tardivement. Ils vivent surtout en Inde et au Myanmar.
– le genre Hylobates : c’est le genre type centré sur la Thaïlande et le Cambodge.
– le genre Nomascus : il regroupe les gibbons qui ont des taches sur les joues ou une crête colorée d’où leur noms de gibbons à favoris ou gibbons à crêtes. Ils vivent dans la partie orientale de la péninsule indochinoise.

OU ?
Le gibbon à mains blanche est centrée sur la Thaïlande (sauf le Nord-Est du pays) mais il déborde à l’extrême sud de la Chine (réserve naturelle de Nangunhe uniquement), à l’extrême est de la Birmanie, à l’extrême nord de Sumatra (Indonésie) et sur la péninsule malaise.

Les observations naturalistes sont concentrées en Thaïlande. par rapport à la Thaïlande, la Malaise enregistre déjà 4 fois moins de données, l’Indonésie 8 fois moins et le Myanmar 9 fois moins.


Les gibbons ne sont jamais faciles à observer dans leur milieu naturel. Les meilleurs sites d’observation sont :
– 1 : Khao Yai NP (Thaïlande) : ce parc compte 3 000 individus (2004) étudiés depuis les années 1970. Le réseau de routes et de sentiers est un peu plus dense que dans les autres parcs ce qui permet d’approcher les singes un peu plus facilement. C’est la meilleure destination pour voir des gibbons mais même ici, ça reste difficile.

– 2 : Khao Sok NP (Thaïlande) : c’est la meilleure option dans le Sud de la Thaïlande. La plupart des sentiers, proches de la rivière, ne sont pas favorables. Aussi, c’est en passant du temps à proximité de l’entrée qu’on pourra profiter des clairières qui permettent parfois d’en voir. On se retrouve dans la même situation à Kaen Krachan NP.
Près de Phuket, à l’entrée Est de la réserve de Khao Phra Thaeo, le Gibbon Rehabilitation Project, ne permet pas de voir des gibbons en liberté. Les animaux sont dans des cages. A voir que si vous souhaiter participer financièrement à la sauvegarde de l’espèce.


Les autres options sont moins favorables mais on peut aussi avoir la chance d’y voir des siamangs :
– 3 : Taman Negara (Malaisie) : toutes les zones protégées de la péninsule malaise peuvent permettre de voir des gibbons. Il faut toujours de la chance. A Taman Negara, on doit être accompagné d’un guide.

– 4 : Gunung Leuser (Sumatra ; Indonésie) : les touristes viennent ici pour voir des orangs-outans (voir l’article orang-outan de Bornéo) mais le parc peut réserver d’autres belles surprises et pourquoi pas le gibbon à mains blanches bien représenté dans le parc.

Il faut le chercher dans les forêts assez denses et avec de grands arbres. Il reste en dessous de 1200 m d’altitude.

Photo 3 : un blanc et un noir.

QUAND ?
On peut les voir toute l’année mais il vaut mieux choisir la saison sèche (décembre à avril) pour limiter les déplacements dans la boue, pour diminuer le nombre de sangsues sur votre peau et pour pouvoir regarder en l’air sans la pluie. Le pic d’observation des naturalistes va de janvier à mai.

C’est un animal diurne qui dort 14 heures. Il faut impérativement partir à sa recherche le matin. L’après midi, c’est presque mission impossible, à moins de connaître les arbres avec des fruits murs (les fruits constituant les 2/3 de leur alimentation). Le soir, les gibbons sont très discrets pour rejoindre leur zone de couchage.

Photo 4 : Jeune gibbon qui se balance.

COMMENT ?
Le matin, il faut partir en randonnée dans les zones favorables (de grands arbres surtout, mais aussi, si possible, des ouvertures laissées par des cours d’eau). Le plus important est de bien tendre l’oreille. Territorial, les gibbons vont se mettre à crier, en solitaire parfois, mais souvent en couple. Ces cris complexes sont très forts (on les entend à près d’un kilomètre) et durent longtemps (en moyenne 11 minutes). Il s’agit donc d’attendre les cris et de parvenir à trouver les gibbons pendant qu’ils se manifestent. Top chrono !

En théorie, à Khao Yaï, on n’a pas le droit de quitter les sentiers. Il vous faudra quand même probablement faire un peu de hors piste pour voir les gibbons. Dans la végétation dense, il faut être en pantalon ou accepter les quelques sangsues qui s’accrocheront à vos jambes. Une fois sur place, c’est le mouvement des branches qui permet de localiser les singes. C’est toujours difficile de les photographier entre les branches et à contre jour.

Photo 5 et 6 : Femelle et jeune
Khao Sok NP ; Thaïlande (février 2023).

Photo 6 : Le cou de chance
Ce matin là, les gibbons avaient poussé des cris depuis les sommets des collines aux alentours du camping situé juste après l’entrée du parc de Khao Sok. Loin des sentiers, ils étaient inaccessibles. J’ai concentré mes recherches sur d’autres espèces, en particulier les calaos.
Encore bredouille en fin de matinée, c’est peu de temps avant de rejoindre le campement que j’entends de l’agitation très haut dans les arbres : des branches malmenées, des cris… Gibbons ! Je pars en courant sur 300 m. Une femelle change de secteur. Elle va passer la rivière. Un autre adulte suit. Je vais profiter de 5 ou 6 minutes entre observations et courses pour rejoindre les espaces dégagées qui permettent de mieux observer.
Après quelques photographies en mouvement, les singes s’immobilisent dans un arbre où la canopée ne permet plus de les observer. Autour de moi, les maisons des employés du parc… Je suis à quelques centaines de mètres de ma tente.

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