

Cet article traite, où, quand et comment voir les 2 crocodiliens, les 2 varans et les 2 pythons présents en Tanzanie :
– le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) : photo ci-dessus.
– le faux gavial d’Afrique (Mecistops cataphractus)
– le varan du Nil (Varanus niloticus)
– le varan des steppes d’Afrique orientale (Varanus albigularis)
– le python de Seba (Python sebae) : photo ci-contre.
– le python austral (Python natalensis)
Sachez néanmoins que seul le crocodile du Nil est une espèce facile à voir. Avec un peu de patience et une recherche ciblée, on croisera aussi le varan du Nil. Pour les autres, il faut beaucoup de temps sur place, des connaissances et/ou de la chance.
I ) VOIR LES CROCODILIENS DE TANZANIE

1 ) LE CROCODILE DU NIL
Facile. Le crocodile du Nil est le 2e reptile le plus noté par les observateurs en Tanzanie après l’agame mwanzae.
Bien que protégé et présent dans beaucoup de parcs nationaux, il est cependant extrêment rare à Manyara NP et Tarangire NP. On n’a peu de chance de le voir au lac Victoria et au lac Tanganika.
Les meilleurs endroits pour l’observer sont :
1 – la rivière Grumeti (Serengeti) : il y a ici les plus gros crocodiles du Nil du monde. Celà s’explique par le festin annuel que représente la migration du gnou. L’idéal est donc d’être présent en juin pour profiter des crocodiles en pleine activité. On évitera la saison des pluies de mars à mai.
2 – la rivière Mara (Serengeti) : c’est un secteur aussi favorable que celui de la rivière Grumeti sauf que la rivière est plus large et que les touristes sont plus nombreux. Les gnous traversent ici en juillet et août.
3 – la rivière Rufidji (Nyerere NP) : c’est le meilleur secteur du Sud du pays. On peut en profiter presque toute l’année mais il vaut mieux éviter la saison des pluies (novembre à mai) et surtout la fin de cette saison (avril-mai). Sur cette dernière période, les pistes sont souvent impraticables et la végétation est haute.

Le crocodile du Nil peut être observé toute l’année. Cependant la fin de la saison séche offre de multiples avantages : végétation plus basse, piste praticables, crocodiles plus concentrés dans un volume d’eau plus faible.
Le crocodile du Nil est actif toute la journée. Les animaux sont généralement au Soleil en journée et dans l’eau la nuit.
Sécurité : le crocodile du Nil est responsable d’une 50e de morts chaque année en Afrique. Il ne faut jamais s’approcher à moins de 5 m de l’eau. C’est encore plus vrai de nuit. Enfin, ne sous estimez pas le risque que représente un petit plan d’eau ou une zone marécageuse qui semble loin de tout. En Somalie, un crocodile du Nil a été observé à 8 km de l’eau…
2 ) LE FAUX GAVIAL D’AFRIQUE
Extrêment difficile.
Ce crocodilien piscivore a un museau beaucoup plus étroit que le crocodile du Nil.
Il n’est potentiellement présent que sur la lac Tanganyika en Tanzanie. C’est une espèce qui est ici en limite de répartition. Elle est classée en danger critique d’extinction et elle est très très timide. Du coup, le voir en Tanzanie est presque impossible.
Pour le trouver, il faudrait louer une barque de pêcheur et inspecter à la jumelle des rives bien végétalisées. L’exercice s’annonce d’autant plus compliqué que le crocodile du Nil est également présent ici.
II ) VOIR LES VARANS DE TANZANIE




Détermination :
– le varan du Nil (2 photos ci-dessus à droite et ci-contre) est jaune et noire quand il est propre. Ses narines sont hautes pour respirer dans l’eau. Le museau est pointu. Il est toujours près de l’eau.
– le varan des steppes d’Afrique orientale est plus robuste (photo ci-dessus à gauche et ci-desous). Il présente des couleurs grises et brunes. Ses narines sont obliques et descendent plus bas sur un museau obtus. Il n’est pas particulièrement lié à l’eau.
1 ) Le varan du Nil
Assez difficile
Il faut souvent une semaine de safari pour voir cette espèce. Sa distance de fuite est très très variable. Elle est souvent de l’ordre de 20 mètres.
Le varan du Nil est toujours à proximité de l’eau.
Les meilleurs secteurs pour l’observer sont :
1 – les rives du lac Manyara.
2 – le long de la rivière Tarangire > Rufigi > cours d’eau du Serengeti.
3 – sur les rives du lac Tanganyika (> lac Victoria).

2 ) Le varan des steppes d’Afrique orientale
Très très difficile.
Les observations sont 10 fois moins fréquentes que pour le varan du Nil.
La distance de fuite est très variable : certains varans poursuivent leur activité à 15 m de l’observateur.
Absent du quart Nord-Ouest du pays (Lac Victoria et Serengeti). Le varan des steppes d’Afrique orientale n’est pas polarisé par l’eau et on peut le croiser dans toutes les savanes arborées. Le parc national de Mkomazi est le meilleur endroit pour espérer le voir.
Son observation relève généralement du coup de chance : la moitié des animaux sont repérés sur un arbre et bien souvent sur un arbre creux où il peut se cacher. Les autres rencontres concernent des animaux en déplacement.
Ces deux varans sont diurnes et il n’y a pas une période plus favorable pour les observer en Tanzanie.
III ) VOIR LES PYTHONS DE TANZANIE

Il n’y a que 3 espèces de serpents constrictor (super-famille des booidae) en Tanzanie. Mais le boa des sables kenyan (Eryx colubrinus) ne dépasse jamais 1 m. Il n’est pas traité ici.
Le python de Seba et le python austral sont deux espèces très proches par l’aspect, l’habitat et le mode de vie. Leur longueur adulte est d’environ 5 m (jusqu’à 5.5 m pour le python austral et 6.5 m pour le python de Seba ; les tailles supérieures sont douteuses ou anecdotiques).
Voici comment les distinguer :
– les écailles centrales du dessus de la tête sont petites et fragmentées chez le python austral alors qu’elles sont larges chez le python de Seba. C’est le meilleur critère.
– les taches sombres derrière et devant l’oeil sont petites chez le python austral et plus larges chez le python de Seba.
– le python de Seba est beaucoup plus localisé que le python austral en Tanzanie (voir la carte) ; Normalement, il n’y a que dans le secteur du lac Manyara et dans la partie Nord de Ruaha NP (jusqu’au Sud de Dodoma) que les deux espèces cohexistent.
Les photographies ci-dessous permettent de voir les deux critères avec un python de Seba à gauche et un python austral à droite. Les grosses écailles du python de Seba sont encore plus visibles sur le spécimen caché dans l’eau illustré plus bas à gauche.



1 ) OU ?
Très difficile
Les deux meilleurs endroits pour voir un python en Tanzanie sont :
– Tarangire NP : ici, il faut passer du temps le long de la rivière Tarangire et observer les habitats présentant des irrégularités et des cachettes : talus, grosses branches, termitières…
– Manyara NP : les 2 pythons sont présents ici. Le milieu est très favorable mais assez fermé. Il ne faut pas chercher dans les secteurs toujours à l’ombre situé près de l’entrée nord.
Quelques observations sont possibles au Serengeti et à Zanzibar, mais elles restent rares. Les secteurs accidentés proches de l’eau sont toujours les plus favorables.
2 ) QUAND ?
En Tanzanie, l’amplitude thermique est peu marquée. On peut avoir la chance de voir un python toute l’année. La saison des pluies est légèrement plus favorable.

3 ) COMMENT ?
A l’approche d’un observateur, les pythons restent généralement immobiles tant qu’ils ne se sentent pas menacées.
On a donc deux cas de figure :
– si vous repérez un animal immobile : on peut en profiter à loisir en restant loin. En avançant très lentement, sans gestes brusques, on peut parfois s’approcher à un peu moins de 10 m (Ca dépend beaucoup de la taille de l’animal, de la température et de la proximité de sa cachette).
– si vous voyez un python qui est déjà en train de vous fuir : souvent, c’est déjà foutu. Il peut ramper relativement vite. La tête va disparaître…
Si l’animal se réfugie dans une cavité. Ca peut être une très bonne idée de revenir au moins une demi-heure plus tard pour le chercher autour de l’entrée de sa cachette. Il faut le faire d’assez loin.
Si l’animal est de petite taille, on peut tenter de le saisir par l’arrière. Tant que l’animal aura la tête et la partie antérieure du corps au sol, caché, il tentera plutôt de fuir. Dès que ce ne sera plus le cas, il tentera de mordre… Mieux vaut s’abstenir !