
Le caméléon commun (Chamaeleo chamaeleon)
DIFFICULTE : Assez difficile si on n’a pas de technique.
EFFECTIFS : Inconnus.
DISTANCE DE FUITE : Nulle.
Le caméléon commun a vraisemblablement été introduit en Espagne (et ailleurs en Europe) à partir de spécimens du Maghreb. Ces introductions expliquent sa répartition discontinue.
Chercher un caméléon commun en Espagne est un petit défit sympathique : il est généralement immobile. Il porte une couleur cryptique. Il est localement totalement absent même sur le littoral. Pour relever ce petit défit « caméléon commun », il faut bien connaître l’animal.
Photo : Caméléon commun vert
Ce spécimen profite des derniers rayons du Soleil.
Rota ; Andalousie ; Espagne (juillet 2024).
Photo suivante : caméléon brun
Celui-ci vit à quelques centaines de mètres du précédent, arborant des couleurs pourtant bien différentes.

OU ?
Le caméléon commun est présent sur le littoral sud de l’Espagne, globalement depuis la frontière avec le Portugal jusqu’à Alicante. Sa répartition correspond à la zone espagnole « hors-gel ». Certains caméléons « se perdent » néanmoins au dessus de 500 m (maximum 800 m). Sur cette frange littorale, il y a des secteurs où il y en a très très peu :
– en Andalousie, il est très très rare entre Tarifa et Malaga, ainsi que sur le versant sud de la Sierra Nevada.
– en Murcie et jusqu’à Alicante, les populations sont de plus en plus fragmentées en remontant vers le Nord-Est.
Les meilleurs endroits pour le voir en Espagne sont :
1 – la petite portion littorale entre Los Corrales de Rota et Rota : en se promenant ici, vous tomberez même sur une petite zone entourée de barrières en bois avec un petit panneau indiquant sa présence et invitant à le respecter (Voir la photo ci-dessous à gauche).
2 – Littoral près de Punta Entinas Sabinar.
3 – Au Nord de Malaga : il est souvent vu dans toute la zone au Nord et à l’Est de Malaga où il est souvent dans les jardins.



A l’échelle locale, il ne faut pas se laisser décourager par cet expert en camouflage (photo ci-contre).
L’habitat doit avoir les caractéristiques suivantes :
– le Soleil est plus présent que l’ombre.
– le sol est mou pour que les femelles puissent pondre (dunes et terres sableuses).
– la végétation arbustive est importante. Le caméléon ne s’aventure au sol que pour la reproduction. On le cherchera d’abord sur le genêt blanc (Retama monosperma ; voir photo ci-dessus à droite), à défaut sur les tamarins. On peut également le trouver sur des pins ou des roseaux… Il apprécie les bosquets des dunes et les jardins.
QUAND ?
Il faut chercher le caméléon commun en été et en début d’automne :
Le pic d’observation, c’est août et septembre. La caméléon commun aime la chaleur. Les mâles cherchent les femelles (août-septembre) et se déplacent alors parfois au sol. Avec de la chance, on peut voir des mâles concurrents changer de couleur. Les femelles descendent creuser un terrier de 30 cm de profondeur pour pondre en octobre.

On évitera de chercher le caméléon commun entre novembre et juin pour deux raisons :
– l’incubation est très longue (de novembre à la fin du printemps) et les oeufs, fragiles, sont sensibles aux piétinements et au tassement du sol. Il faut en prendre d’autant plus soin que le caméléon commun ne vit guère plus de 3 ans.
– les adultes se montrent très peu pendant l’hiver (jusqu’en avril).
Le caméléon commun est diurne. Si on est patient, on peut le chercher de jour, notamment sur les branches au Soleil le matin et le soir. Les animaux ont tendance à tourner lentement autour de leur branche quand on s’approche.
Si on n’est impatient, on cherchera les caméléons de nuit. Pour éviter les prédateurs, ils dorment souvent à l’extrémité des brindilles ou des branches. Eclairé par une lampe torche, leur corps brille. Avec un peu d’habitude, on éclaire rapidement les zones favorables en marchant. Quand on voit un « truc » brillant, c’est souvent lui…