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Voir le flamant des Caraïbes

Flamant des Caraïbes (Phoenicopterus ruber)
DIFFICULTE : Très facile.
DISTANCE DE FUITE : 80 m environ… sauf aux endroits où ils sont nourris.
EFFECTIFS : 90 000 (2020).

Ce flamant était considéré comme une sous-espèce de notre flamant rose.
En 2002, les scientifiques l’ont élevé au rang d’espèce.
Il est alors appelé flamant rouge (ruber signifie rouge) ou flamant des Caraïbes ou flamant de Cuba.

Les différences avec le flamant rose (Phoenicopterus roseus) sont minces :
– son plumage est plus rouge : c’est particulièrement net pour le cou et la tête qui sont presque blancs chez le flamant rose.
– son bec est plus contrasté avec 3 couleurs : blanc à la base, rose foncé puis noir. Le flamant rose n’a pas la partie blanche à la base du bec.
– sa répartition : c’est le seul flamant dans l’hémisphère nord sur le continent américain. Pas de risque de confusion sur le terrain.



Photo 1 : Flamant des Caraïbes en déplacement
Remarquer les 3 couleurs du bec.

Aux Galapagos, beaucoup d’oiseaux (fous, frégates…) n’ont pas de distance de fuite et peuvent être approchés à 2 m. Ce n’est pas le cas du flamant des Caraïbes qui s’inquiète et s’éloigne lorsque l’observateur est à moins de 50 m.
Chemin entre Puerto Villamil et le centre d’élevage des tortues géantes ; Isabela ; Galapagos ; Equateur (février 2022).



Photo 2 : Repos
Ces flamants sont proches de maisons, juste à la périphérie de Puerto Villamil.
Pozo Salinas ; Puerto Villamil ; Isabela ; Galapagos ; Equateur (février 2022).

OU ?
Le flamant des Caraïbes est présent dans toutes les Grandes Antilles. Il déborde au Nord en Floride et aux Bahamas, à l’Ouest dans la péninsule du Yucatan (Mexique) et au Sud sur la côte de Colombie et du Venezuela. Une population, totalement excentrée, vit aux Galapagos (Equateur).
Des oiseaux se dispersent parfois au delà de cette zone de sorte que des observations très ponctuelles sont possibles :
– sur tout le littoral du golfe du Mexique.
– sur le littoral de l’Amérique du Sud jusqu’à la Guyane.

C’est au Mexique que les observations des naturalistes sont les plus nombreuses avec deux fois plus de données qu’aux Galapagos (Equateur), qu’en Floride ou qu’à Cuba. Les autres pays sont décrochés bien que présentant parfois de bons spots d’observation.

Voici les meilleurs sites pour le voir. Ils sont très différents et il y en a pour tous les goûts :
– 1 : Parc naturel des flamants de Celestun (Mexique) : on visite ce parc en lancha collective ou en barque, pour observer la plus grande colonie de flamant des Caraïbes du continent et une multitude d’oiseaux : hérons, aigrettes, pélicans d’Amérique (Pelecanus erythrorhynchos) en hiver et parfois spatules rosées (Platalea ajaja). Il y a plus d’oiseaux de décembre à avril.

– 2 : Parc national Rio Lagartos (Mexique) :
Une excursion de 2 heures en bateau permet d’observer des oiseaux dont des flamants des Caraïbes. La meilleure période va de mars à juin avec des adultes qui pondent puis qui nourrissent leur poussin. On voit moins de flamants qu’à Celestun mais c’est plus accessible pour les touristes qui atterrissent à Cancun.

– 3 : Puerto Villamil (Galapagos ; Equateur) : les flamants des Caraïbes ne sont pas nombreux ici mais on peut les observer à loisir lors de petites ballades en autonomie depuis Puerto Villamil. Il y en a :
– à Pozo Salinas.
– sur le sentier qui mène à l’élevage de tortues géantes.
– dans la lagune au bord de la petite route quelques centaines de mètres après l’élevage de tortues.
Il n’y a que quelques centaines de couples (moins de 500) aux Galapagos mais les conditions d’observation sont bonnes.

Outre Puerto Villamil, les observations sont nombreuses sur le littoral Nord de Floreana et à Bachas beach au Nord de Santa Cruz. Ceux qui font une longue croisière peuvent aussi espérer en voir, mais sans garantie aux lagunes de Moreno Point et de Rabida.

– 4 : Réserve de faune du Rio Maximo (Cuba) : ce site de conservation et de réhabilitation des flamants est la meilleure option à Cuba. Il présente l’inconvénient (ou l’avantage) d’être excentré et du coup, peu touristique. Beaucoup de touristes se contentent d’en observer depuis la route qui mène à Playa Los Cocos.

– 5 : Aruba et Bonaire (îles néerlandaises) :
Sur l’île d’Aruba, la plage Flamingo permet d’observer des flamants de tout près et même de les nourrir. C’est une possibilité pour ceux qui sont plus station balnéaire en tongs que faune sauvage.
Sur l’île de Bonaire, on peut profiter du lac Goto (Gotomeer) et de son belvédère. Le lac se trouve près du parc national Washington Slagbaai, au Nord de l’île. Au sud de l’île, on verra quelques flamants dans les marais salants près de Pink Beach.

– 6 : île d’Acklins (Bahamas) : Chesters Ponds, au Nord de l’île d’Acklins est un bon spot et notamment à proximité du lodge « Chester’s Highway Bonefish ».
D’autres sites sur des îles plus au Nord, permettent d’en observer tel Flamingo Bay sur l’île de Long Cay, apprécié des pêcheurs.

– 7 : Sud de la Floride (Etats-Unis) : entre Everglades et plages, le sud de la Floride permet régulièrement d’observer des flamants des Caraïbes mais il n’y a pas de garanties ici. On vient pour la nature au sens large.

– 8 : Lac Enriquillo (République dominicaine) : le lac salé d’Enriquillo est la moins mauvaise des destinations pour chercher des flamants des Caraïbes en République dominicaine. Le lac est très grand et il n’y a pas de garantis ici. Le site vaut si vous venez aussi pour d’autres espèces : voir les articles iguanes rhinocéros et crocodile américain.


Photo 3 : Portrait
Non, il ne nage pas…. Il marche dans une zone un peu profonde.
Moreno Point ; Isabela ; Galapagos ; Equateur (février 2022).


QUAND ?
On peut observer le flamant des Caraïbes toute l’année.
Néanmoins, deux périodes sont plus intéressantes :
– décembre à mars : cette période est doublement intéressante. C’est d’abord la meilleure période d’un point de vue climatique pour les touristes. Ensuite, les lagunes sont également peuplées des espèces migratrices d’Amérique du Nord.
– mars à juin : cette période permet d’observer la ponte, les naissances et le développement des jeunes sur les sites de nidification.

Photo 3 : Juvénile
Comme chez le flamant rose, les juvéniles n’ont pas encore leurs couleurs chaudes, des couleurs qui seront liées à leur alimentation.
Moreno Point ; Isabela ; Galapagos ; Equateur (février 2022).


COMMENT ?
De tout près, en tongs sur font bleu turquoise à Aruba.
D’un peu plus loin, en randonnée à Puerto Villamil.
D’un peu plus loin, en bateau, au Mexique.
Les façons de l’observer sont très variables…

Pour les naturalistes qui aiment la faune en générale, c’est quand même mieux d’être en autonomie, de se préparer à affronter les moustiques et de rester à au moins 150 mètres avec des jumelles pour ne pas les déranger.

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